Les 7 principaux facteurs de stress des parents (Partie 3)

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Qu’est-ce qui épuise autant les parents ?

« Quel être humain sensé accepterait un labeur qui requiert sa présence 24h sur 24, 365 jours par an, dans des conditions de stress important où l’imprévisibilité des événements est constante, où la sensation de contrôle, le soutien psychologique, émotionnel et matériel, ainsi que la reconnaissance d’autrui sont rares ? » (Violaine Guéritault)

Dans n’importe quelle entreprise, travailler dans ces conditions soulèverait très vite de vifs mouvements de grève !

Nous, les parents, nous acceptons non seulement de « travailler » dans ces conditions, mais en plus pour une durée indéterminée, sans aucune rémunération et sans congé maladie possible…

Il n’est pas étonnant que, au bout d’un certain temps, nos responsabilités parentales nous épuisent tant !

Le burn-out est typiquement un phénomène d’usure, caractérisé par la répétition de stress d’intensité moyenne qui, vécus de façon ponctuelle, seraient tout à fait gérables.

Nous allons voir que c’est exactement ce que les parents vivent quotidiennement : des « petits stress » qui se répètent à longueur de journée !

7 principaux facteurs de stress des parents

Analysons en détail les 7 principaux facteurs de stress qui, selon la recherche, jouent un rôle particulièrement prépondérant dans le développement du phénomène de burn-out.

Stresseur n°1 : La surcharge de travail

  • UN TRAVAIL SANS FIN. Ménage, lessives, rangement ou cuisine… ces tâches banales et répétitives, mais néanmoins nécessaires, accomplies encore et encore, semblent ne jamais en finir. La satisfaction d’avoir terminé une tâche est quasiment absente, car dès qu’une tâche est terminée, on peut la recommencer ! Ce qui est très frustrant et finit par générer du stress. Il est impossible de se focaliser sur une activité de manière prolongée, les parents sont constamment interrompus par leurs enfants, ce qui en rajoute à la frustration et au stress. En outre, il y a toujours bien plus de tâches qu’il n’est humainement possible d’en accomplir au cours d’une journée. Régulièrement les parents finissent donc la journée avec la frustration de ne pas avoir fait la moitié de ce qu’ils avaient prévu de faire (ranger la maison, lancer une machine, cuisiner, faire la vaisselle, jouer avec les enfants, travailler…). Ils se sentent débordés et dépassés par les événements.
  • LE MANQUE DE TEMPS. Les journées des parents sont ponctuées de « pics de stress », en particulier les matins et soirs de semaine. Le matin, en très peu de temps, c’est le stress pour réveiller les enfants, les habiller, les faire manger leur petit-déjeuner et les emmener à l’école à l’heure, avant la fermeture des portes ! Le soir, c’est la course pour aller rechercher les enfants à l’école, préparer un repas correct tout en gérant les devoirs et les émotions difficiles, les faire manger, le bain, la mise au lit et le dodo… tout ça en l’espace de 2-3 heures !
  • LA FATIGUE PHYSIQUE. C’est fatigant de s’occuper des enfants (accouchement, allaitement, portage, présence et attention sollicitée en permanence). Les nuits peuvent être chahutées pendant longtemps, ce qui crée un déficit de sommeil important chez les parents qui sont de garde la nuit sans compensation possible ! Il n’y a pas non plus de congé maladie pour les parents affaiblis ou malades, qui doivent continuer à s’occuper de leurs enfants (il y a peu de solutions possibles si on est parent solo ou si notre conjoint travaille beaucoup !). Sans solution de garde alternative (comme des grand-parents à proximité et à la retraite), il n’est pas simple de « démissionner » de ses enfants (même le temps d’un petit weekend !) pour se ressourcer et recharger ses batteries.
  • DES VACANCES TOUT AUSSI FATIGANTES. Même pendant leurs vacances en famille, les parents ne peuvent pas laisser tomber leurs responsabilités pour se relâcher et se détendre vraiment. Il faut surveiller la baignade, faire les courses, préparer le pique-nique, prévoir le goûter et le repas, soigner un bobo, consoler d’une chute, apaiser une dispute…

La surcharge de travail est certainement un des facteurs majeurs de stress pour les parents.

Elle sera évidemment d’autant plus importante que le nombre d’enfants augmente.

Stresseur n°2 : Le manque de contrôle

On croit qu’une mère au foyer est libre de choisir son emploi du temps, de décider exactement ce qu’elle va faire, quand et comment.

C’est entièrement faux !

La plupart du temps, tout ce qu’elle fait tourne autour des besoins et attentes de ses enfants (heure de réveil, heure des repas, choix des sorties, pleurs…) et de son conjoint.

Pourtant, nous avons tous besoin de sentir que nous avons un certain pouvoir sur ce qui nous arrive, que ce soit au travail ou dans la vie en général.

Les responsabilités quotidiennes d’un parent sont souvent ponctuées de circonstances où tout sens de contrôle semble lui échapper : Pourquoi mon bébé pleure-t-il sans cesse ? Quand me laissera-t-il dormir une nuit complète ?

L’absence de contrôle met en jeu une situation où un individu ne peut rien faire d’autre que la SUBIR. Il ne peut pas agir pour faire cesser le problème.

Cela génère un fort sentiment d’IMPUISSANCE menant à de la frustration et du stress.

Cette absence de contrôle devient un facteur de stress supplémentaire qui amoindrit le réservoir d’énergie des parents.

Stresseur n°3 : L’imprévisibilité

Dans la vie d’un parent, il n’y a pas un jour qui ressemble à l’autre. Les imprévus font partie de notre paysage quotidien.

Contrairement au manque de contrôle où l’on se sent complètement impuissant, dans le cas d’une situation imprévisible, il est possible d’agir pour trouver une solution pour y mettre fin. Il existe donc une possibilité de contrôle !

C’est souvent une situation désagréable mais on ne se sent pas impuissant.

Les maladies soudaines, les accidents, les poux et les crises des enfants… sont des situations imprévisibles qui viennent se glisser parmi nos priorités et nous obligent à constamment changer nos plans : prendre congé pour rester auprès de son enfant malade, aller rapidement à l’hôpital pour soigner une blessure, laver les cheveux et nettoyer les draps de toute la famille après une journée fatigante de travail pour cause d’alerte poux…

Les crises des enfants (c’est-à-dire les caprices, colères, pleurs, disputes…) sont le plus souvent inattendues et TRES stressantes pour les parents qui ne comprennent pas ce qui les engendre. Alors, soit ils les subissent tant bien que mal (avec un fort sentiment d’impuissance), soit ils s’énervent violemment sur leur enfant, car ils ne savent pas comment y mettre fin autrement.

Pour reprendre le contrôle de la situation et sortir de l’impuissance, la première étape est de comprendre les crises de leur enfant et identifier la cause à l’origine de ces crises. Cliquer ici pour lire l’article « Pourquoi les enfants font-ils des crises ? »

Ensuite, le parent pourra retrouver confiance en ses capacités en apprenant à mieux répondre aux crises, avec davantage d’efficacité et de sérénité.  Cliquer ici pour découvrir la Formation PARENT ZEN FACE AUX CRISES

La plupart du temps, un parent doit donc constamment s’adapter aux imprévus… et au final il a la sensation de n’avoir rien accompli de ce qui était prévu ! Ce qui lui génère frustration et culpabilité, donc du stress !

Stresseur n°4 : L’absence de reconnaissance

« Dans la société, le boulot de parent est un boulot qui n’existe pas » (Caroline Terral)

Quand on prend un congé parental, on nous dit : « Tu as de la chance, tu es à la maison avec tes enfants ! »

Sous-entendu, tu ne « travailles » pas…

Aux yeux de la société, une mère au foyer qui s’occupe de ses enfants est une femme qui « ne fait rien ».

Or, nous avons vu que le travail d’un parent est très exigeant, fatigant, un travail qui ne s’arrête quasiment pas, même la nuit. C’est une source continuelle de stress et de frustrations, pour arriver à gérer le quotidien avec des enfants.

Le problème est que ce travail est totalement invisible.

Personne ne lui accorde de valeur, ni la société, ni notre entourage, ni nous-même !

Il n’y a pas de salaire et pas de reconnaissance sociale pour le travail qu’on fait.

« Il est primordial pour les mères de faire comprendre à leurs proches que le manque d’appréciation est source de frustration et de ressentiment » (Violaine Guéritault)

Beaucoup de mamans à la maison ne se sentent donc ni appréciées, ni remerciées ou félicitées pour les tâches qu’elles accomplissent.

Car dans notre culture, « Bien faire son boulot, c’est juste normal ! ». 

Par contre, si elles ne font pas leur travail correctement, elles seront critiqués !

Epuisées de donner sans compter, sans être valorisés pour leurs efforts, les mamans se sentent isolées, incompétentes et mauvaises.

Elles subissent le poids des exigences d’une culture qui dicte les règles du jeu, un jeu dans lequel leur rôle se cantonne à donner beaucoup et à recevoir peu en retour.

A la longue, elles finissent par s’essouffler et se démotiver de leur boulot de mamans…

Stresseur n°5 : Le manque de soutien social

Les facteurs de stress des parents, aussi variés que répétitifs, usent petit à petit leur capital énergie.

L’un des pires ennemis des parents victimes du stress est l’isolement et donc le manque de soutien émotionnel et social.

Isolés dans ce stress, dont l’entourage ne comprend pas toujours l’ampleur et la gravité, ils ont fréquemment la sensation d’être responsables de leur mal-être.

Ils se sentent incapables et coupables.

En échangeant avec d’autres parents, ils se sentiront « normaux », ils verront qu’ils ne sont pas seuls à vivre les mêmes difficultés et à ressentir toutes ces émotions, ces frustrations et ces angoisses.

L’écoute sans jugement, la présence, les encouragements et le soutien bienveillant des autres sont une aide précieuse qui rassure et permet à notre corps de mieux gérer le stress auquel il est soumis et de recharger ses batteries.

En l’absence d’un tel soutien, dépassés par les événements et la fatigue, les parents qui ne sont pas épaulés, écoutés et soutenus par leur entourage sont d’excellents candidats au burn-out.

Stresseur n°6 : Pas le droit à l’erreur

Grâce aux avancées des neurosciences, les parents d’aujourd’hui sont de plus en plus nombreux à être conscients du rôle incroyablement important qu’ils jouent dans le bon développement de leur enfant.

Les parents sont de vrais modèles pour leur enfant, qui va apprendre par mimétisme, en les observant et en les recopiant.

Quelle énorme responsabilité pour les parents !

Avec la conscience d’une telle responsabilité vient le stress lié à la crainte de faire une erreur.

Quand un parent se sent fatigué, stressé, peu patient, quand il n’incarne pas parfaitement les valeurs qu’il voudrait transmettre à son enfant, il ne se sent clairement pas à la hauteur de ses lourdes responsabilités et il peut se sentir coupable d’être un mauvais parent.

Stresseur n°7 : Pas de formation

Quand on commence un nouveau travail, il semble normal de recevoir une formation adaptée pour pouvoir accomplir ce travail dans les meilleures conditions.

A l’exception des parents.

Ils apprennent leur nouveau métier « sur le tas », au quotidien, en apprenant de leurs erreurs. C’est un apprentissage qui se fait dans le doute, le manque de confiance, la frustration et donc dans le stress.

Les parents manquent de connaissances pratiques adaptées à chaque âge et à chaque enfant.

Dans les magazines, les livres de parentalité, les émissions télé, ils trouvent des recommandations des nombreux experts, mais les avis sont souvent divergents, ce qui contribue à augmenter leur confusion.

Et quand les parents finissent par maîtriser une tranche d’âge, il leur faut apprendre le mode d’emploi du niveau suivant, car leur enfant entre-temps a grandi 🙂 !

Conclusion

« Le simple fait de connaître ce qui est à l’origine de nos maux a une valeur curative en soi » (Hans Selye)

Etre parent est un vrai travail ! Et c’est un travail extrêmement stressant !

C’est un travail incroyablement important (pour l’avenir de nos enfants), constitué de petites tâches répétitives tous les jours, sans congé, sans reconnaissance ni soutien social, sans formation adéquate au départ, avec un manque de contrôle quasi total et de nombreux imprévus à gérer.

Il faudrait avoir à sa disposition une réserve d’énergie importante en permanence pour pouvoir tenir le coup !

La première étape pour sortir du burn-out est de COMPRENDRE les véritables causes de notre état d’épuisement actuel et de PRENDRE CONSCIENCE des difficultés intrinsèques à notre travail de parent dont nous n’avions pas conscience jusqu’à présent.

Nous pourrons alors déjà nous libérer de la culpabilité de nous sentir nuls, de croire que tout est de notre faute et que l’on est des mauvais parents 🙂

Ensuite, je vous invite à lire l’article suivant pour envisager les solutions que l’on peut trouver à cette situation !

Tanya

Source : Livre La Fatigue émotionnelle et physique des mères, de Violaine Guéritault (éditions Odile Jacob)

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