Découvrez les 3 stades successifs du burn-out parental (Partie 2)

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La spirale négative du Burn-Out Parental

« Nous savons maintenant que les mères sont malheureusement d’excellentes candidates au burn-out. Les nombreux facteurs de stress présents dans leur vie quotidienne remplissent les conditions nécessaires pour devenir potentiellement nocifs, de par leur rythme soutenu et leur durée : en général des mois, voire des années » (Violaine Guéritault)

Violaine Guéritault explique que, selon la tendance actuelle, si une personne souffre de burn-out, c’est parce qu’elle est faible.

Dans notre société, seuls les forts survivent. Souffrir de burn-out, c’est échouer là où le fort aurait vaincu.

Cette approche suggère que le burn-out trouve ses racines dans l’individu et que celui-ci est donc responsable de trouver une solution. Psychiatres, psychologues et médecins tendent à soutenir cette perspective.

Mais la recherche condamne énergiquement cette perspective !

Le burn-out n’est pas le fait de l’incapacité de l’individu à faire face aux contraintes qui l’entourent.

Il est dû à une dynamique complexe, émergeant de l’interaction entre cet individu et l’environnement dans lequel il se trouve.

Le burn-out résulte d’une accumulation de stress d’intensité modérée qui se répètent de façon prolongée. 

C’est donc la conséquence de réactions de stress quotidiens qui finissent par user et épuiser l’individu !

Le modèle élaboré par le Dr Christina Maslach décrit le burn-out comme un phénomène caractérisé par 3 stades successifs :

  1. Epuisement physique et émotionnel
  2. Dépersonnalisation ou distanciation
  3. Reniement des accomplissements passés, présents et futurs et baisse de la productivité

Stade 1 : Epuisement physique et émotionnel

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C’est le premier signe avant-coureur du burn-out maternel. Ca commence par l’épuisement physique. La mère est fatiguée par le manque de sommeil, les pleurs, les cris, les caprices, les responsabilités ménagères quotidiennes, les demandes multiples et simultanées des enfants et les nombreux imprévus à gérer dans une journée (comme les maladies)…

Ce sont des activités qui épuisent quotidiennement son « réservoir d’énergie ». Ses occupations exigent que la mère donne aux autres de façon quasi inconditionnelle et continuelle.

Comme la mère a peu d’occasions de relâcher la pression, de se détendre vraiment, la fatigue s’accumule avec le temps. Ses ressources n’étant pas illimitées, elle finit par s’épuiser. Elle est alors vidée, « au bout du rouleau ».

La mère épuisée physiquement n’a plus la force d’intervenir comme elle le voudrait pour ses enfants.

L’épuisement émotionnel fait son apparition. La mère se sent de moins en moins capable de répondre aux exigences émotionnelles de ses enfants pour apaiser, consoler, calmer, aider face aux disputes qui exigent beaucoup de patience.

Impatience et irritabilité font alors surface. Elle crie et s’emporte plus facilement, puis s’en veut terriblement par la suite.

Finalement, la fatigue émotionnelle et physique devient presque constante et telle que les réveils le matin sont difficiles et que la simple idée de devoir affronter une nouvelle journée dans ces conditions semble insurmontable ! Elle n’en peut plus

Stade 2 : Distanciation / détachement

A ce stade, la mère s’est beaucoup investie dans un travail qui exige qu’elle offre le meilleur d’elle-même mais qui lui donne peu en retour.

Ses responsabilités ont demandé beaucoup de son temps et de son énergie.

Elle se retrouve vidée, épuisée et démotivée.

Pour surmonter le problème, la mère va se distancer des situations de stress qui l’entourent, pour qu’elles ne l’affectent plus émotionnellement (indifférence, détachement).

Car une situation qui nous laisse indifférents n’a plus le pouvoir de nous contrarier ou de nous blesser. Elle se protège ainsi instinctivement de la pression qui l’entoure afin de préserver le peu d’énergie qui lui reste.

Odile : « Quand je suis dans cet état, j’ai l’impression d’être comme anesthésiée, déconnectée. Si je ne déconnecte pas, je ne peux pas gérer le quotidien, je ne tiens pas le coup. Je culpabilise beaucoup dans ces moments-là : j’ai l’impression de baisser les bras. Ce n’est pas que je me moque de ce qui peut leur arriver ou des problèmes qu’ils ont, c’est seulement que je n’ai plus l’énergie d’y faire face »

Stade 3 : Reniement des accomplissements passés, présents et futurs / déclin de productivité et d’efficacité

burnout_10Privée de ses forces et de son énergie, la mère à ce stade va commencer à sous-estimer ses compétences et ses capacités, risquant de perdre sa confiance en soi.

Elle ne correspond pas à ce qu’elle voudrait être (la mère parfaite) et elle le sait.

Ses jugements et ses actions lui paraissent inappropriés.

Elle va s’enfoncer dans un système d’AUTOCRITIQUE où seuls les aspects négatifs de ce qu’elle accomplit sont apparents.

Elle tend à minimiser sa valeur et sa capacité à être une bonne mère.

La mère qui ignore le phénomène de burn-out est ISOLEE dans ses émotions, ses frustrations et son stress.

Elle est convaincue d’être seule à vivre de tels dilemmes

Elle se sent au bout du rouleau, mais a l’impression que la plupart des mères qui l’entourent s’en sortent mieux qu’elles, ce qui renforce d’autant plus son sentiment d’incompétence.

Elle va investir de moins en moins de temps et d’énergie dans un travail qui l’use progressivement et elle finit par ne faire que le strict minimum.

La qualité de son travail se dégrade, elle n’arrive plus à être aussi productive et efficace qu’avant.

La dépression est l’une des conséquences les plus fréquences du burn-out.

Les conséquences du burn-out parental

Les conséquences du burn-out peuvent être graves.

Elles vont des troubles physiologiques comme les maux de tête, les nausées, les vertiges, les troubles digestifs, des troubles du sommeil ou le syndrôme de fatigue chronique…

En passant par des symptômes cognitifs comme la tendance à se poser en victime, un sentiment d’impuissance, de l’hypersensibilité, du pessimisme, une mauvaise image de soi (sentiment d’être une mauvaise mère), le sentiment de ne pas être en contrôle de sa propre vie et de la dépression…

Et en allant jusqu’à des troubles du comportement tels que la réduction de la productivité, le repli sur soi, l’irritabilité, la frustration, la propension à la colère et la consommation accrue de drogues et d’alcool.

Peut-on échapper à la spirale infernale du burn-out ?

« Etre une maman stressée n’a rien d’inadmissible, de honteux ou d’inavouable. Il est temps que notre culture autant que les mères elles-mêmes cessent de minimiser les difficultés associées aux responsabilités maternelles. Etre une mère est un travail à part entière, et en ignorer les risques et les dangers peut s’avérer un bien mauvais calcul à long terme. » (Violaine Guéritault)

 

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Oui, il est possible d’échapper à cet engrenage négatif qui guette tout parent aussi bien intentionné qu’il soit !

Pour cela, il est important de mieux comprendre les sources de stress qui mènent au burn-out, pour être capable de  les reconnaître et donc de s’en protéger.

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