Conséquences de la violence éducative sur l’enfant et sur la société (Partie 2)

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Nous avons accumulé plus de 5000 ans d’expériences en matière de violence éducative. Quels enseignements pouvons-nous tirer sur le type de société que ce système de croyances a permis de construire ?

Dans cet article, vous découvrirez :

  • Quelles sont les 3 principales leçons que l’enfant intègre quand il est éduqué de manière traditionnelle ?
  • Quelles sont les conséquences à plus long terme pour lui (à l’adolescence et à l’âge adulte) et pour la société dans son ensemble ?

 

Qu’est-ce qu’un enfant apprend vraiment quand on le frappe ?

Malheureusement pas à être sage ni à obéir à ses parents…

Leçon n°1 : On règle les conflits par la violence

La toute première chose qu’un enfant apprend quand on le frappe, c’est à imiter son parent !!

Et on va rapidement le voir recopier ce comportement (pré-validé par l’adulte) dans d’autres conflits dans sa vie : avec ses frères et soeurs, dans la cour de récréation, etc…

violence_educative_25Ce qui m’a le plus choqué, c’est surtout les croyances qu’on vient d’enraciner dans la tête de l’enfant : « C’est normal de frapper quelqu’un qu’on aime ».

 

On inscrit dans le cerveau de l’enfant : « C’est normal de frapper quelqu’un qu’on aime »

Leçon n°2 : Se couper de ses émotions pour ne plus souffrir

De plus, l’enfant soumis à des violences peut s’y adapter en se coupant de ses émotions et en inhibant sa capacité d’empathie (qui lui permet de reconnaître et de partager les émotions des autres).

Or, l’empathie est la base émotionnelle de la compassion, qui est le frein le plus important à la violence.

Comme l’a dit John Bowlby, père de la théorie de l’attachement, « l’empathie constitue le contrepoint de l’agression« .

Selon Olivier Maurel, l’enfant peut alors faire souffrir les autres sans état d’âme, voire même les torturer si les violences qu’il a lui-même subies étaient extrêmes !

 

L’enfant peut alors faire souffrir les autres sans état d’âme, voire même les torturer si les violences qu’il a lui-même subies étaient extrêmes ! (Olivier Maurel)

Leçon n°3 : Il est parfaitement normal d’obéir aux ordres

Enfin, l’enfant sait que sans nous il est en danger de mort. Il n’a pas d’autre choix que de se soumettre à toutes nos volontés s’il veut maintenir ce lien d’attachement. Il ne peut ni fuir ni résister.

 

L’enfant va donc apprendre à se soumettre à l’autorité dont il dépend.

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Olivier Maurel souligne également qu’habituer les enfants à la soumission altère leur capacité naturelle au courage et les prédispose à l’hypocrisie et au mensonge.

C’est aussi indirectement « préparer les petites filles à se soumettre plus tard à la violence de leur mari ou de leur compagnon, à ne pas savoir y réagir, voire à la trouver normale. »

C’est encore plus grave quand cette habitude d’obéir aux ordres est ce qui a permis aux conflits, guerres et génocides d’avoir eu lieu.

Voici un témoignage de Rudolf Hoss qui fut commandant à Auschwitz : « Je considérais comme mon premier devoir de porter secours en cas de besoin et de me soumettre à tous les ordres, à tous les désirs, de mes parents, de mes instituteurs, de monsieur le curé, de tous les adultes et même des domestiques. A mes yeux, ils avaient toujours raison quoi qu’ils eussent dit. Ces principes de mon éducation ont pénétré tout mon être. »

 

Cette habitude d’obéir aux ordres est ce qui a permis aux conflits, guerres et génocides d’avoir eu lieu.

Les conséquences de la violence éducative

Il existe un lien fort entre la VEO et les autres formes de violence

Une importante méta-analyse d’Elizabeth Gershoff, de l’Université du Texas, a porté sur 88 études menées entre 1938 et 2000. Voici ce que cette analyse a révélé :

 

Les châtiments corporels augmentent l’agressivité, la délinquance et les conduites abusives envers conjoints et enfants.

Ils aggravent les risques de dépression, d’alcoolisme et les tendances suicidaires.

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Explication de la violence des enfants et des adolescents

Pierre Karli est professeur de neurophysiologie. Dans son livre Les Racines de la Violence, il cite une étude réalisée en Suède qui montre que les comportements violents chez l’enfant sont fortement déterminés par certaines attitudes de ses parents à son égard :

  1. une attitude négative de la mère faite de froideur et d’indifférence, ou se traduisant même carrément par de l’hostilité et par le rejet de l’enfant
  2. une attitude permissive de la mère qui passe à l’enfant toutes les agressions qu’il commet, qui ne s’efforce pas de les contrôler et d’apprendre à l’enfant à se contrôler lui-même
  3. le comportement violent des parents à l’égard de l’enfant, avec des menaces et des punitions corporelles répétées

A partir d’une autre étude suédoise auprès de jeunes adolescents des deux sexes, Pierre Karli parvient à la conclusion que ce qui rend une « personnalité agressive » est :

  • « d’une part une relation parents-enfant qui manque de chaleur et qui est affectivement frustrante ;
  • d’autre part, un « modelage cognitif » de l’enfant qui intériorise les stratégies agressives régulièrement observées chez ses parents« 

Autrement dit, un adolescent développe une « personnalité agressive » quand il a manqué d’amour dans sa relation avec ses parents et qu’il a été éduqué au moyen de méthode éducatives violentes.

La violence extrême dans la société s’explique aussi

Voici l’analyse implacable d’Olivier Maurel :

« Les enfants battus « pour leur bien » deviennent des bombes à retardement, des volcans dans les profondeurs desquels la violence subie s’est accumulée, prête à jaillir à la moindre fracture de la société. En temps ordinaire, cette pression s’évacue sous forme de violence banale (…) : violence conjugale, violence sur les enfants, délinquance, criminalité. Sans oublier la violence retournée contre soi-même : dépression, somatisation, toxicomanie, alcoolisme, suicide… Mais en période de crise, lorsque les actes extrêmes sont soudain justifiés et excusés par la peur, la haine, le racisme, les idéologies les plus aberrantes, tout devient possible : tortures, viols, massacres, génocides. »

« Prendre en compte ce que vivent et ce que subissent les enfants de leur naissance à leur maturité, c’est adopter un point de vue privilégié pour comprendre le comportement des adultes.

La violence éducative, par son intensité, par sa précocité et sa durée, par la variété de ses effets sur des aspects multiples de la personnalité des enfants, contribue fortement à expliquer la plupart des aspects de la violence humaine, y compris dans ses pires déploiements, comme le nazisme. »

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« Quelle chance pour ceux qui gouvernent que les hommes ne pensent pas » (Adolf Hitler)

 

Olivier Maurel souligne que la violence déployée dans les guerres et les génocides vient non pas des délinquants et des criminels, mais des gens ordinaires. Elle exige donc un conditionnement éducatif et culturel qui sera d’autant plus efficace qu’il sera commencé plus tôt dans l’enfance.

Or, nous venons de voir que la tendance à se soumettre dépend du mode d’éducation qu’on a subi, car c’est dans l’enfance que se prend l’habitude d’obéir, de se soumettre à l’autorité, dans la relation avec les parents et avec les autres adultes.

Heureusement il y a de bonnes raisons d’espérer…

Il est plus que probable que l’homo sapiens (notre espèce apparue il y a 200.000 ans) n’a pas eu recours à ces pratiques !

Sur une période de 200.000 ans, cela ne ferait donc « que » 5.000 ans que cette pratique de violence éducative est utilisée.

De plus, de nombreuses observations chez des peuplades de chasseurs-cueilleurs faites au 20ème siècle montrent que les parents ne punissent pas leurs enfants dans le cadre de l’éducation qui leur est donnée.

 

La violence éducative n’est donc pas une fatalité !

 

C’est un comportement acquis et non inné, que l’on peut donc changer si on le décide.

… La preuve par l’éducation des « Justes »

Olivier Maurel cite une enquête qui a été menée auprès de plus de 400 « Justes », qui sont des hommes et des femmes qui ont sauvé un grand nombre de Juifs de la déportation, au risque de leur vie, durant la Seconde Guerre Mondiale.

Picture taken 18 2007 at the Pantheon in Paris showing pictures of French people who saved jew during World War II, during a ceremony leading by French President Jacques Chirac honouring more than 2,700 French citizens recognised by Israel as "righteous among the Gentiles" for their efforts to save Jews from the Nazis in World War II. The service took place in the Pantheon, the converted church in the Latin Quarter that serves as a mausoleum for France's national heroes. POOL AFP PHOTO Remy de la Mauviniere

Olivier Maurel : « L’objectif de cette enquête était de déterminer les traits de la personnalité altruiste. Ces hommes et ces femmes ne connaissaient pas en général les personnes qu’ils sauvaient. Elles n’étaient parfois ni de leur nationalité, ni de leur religion et ne parlaient pas toujours leur langue. Ils ont souvent réagi spontanément et ont expliqué leur acte en déclarant qu’ils ne pouvaient pas faire autrement, que c’était naturel.

(…) Quand on les a interrogés sur leur éducation, les quatre réponses qui sont revenues le plus souvent à propos de leurs parents étaient :

  • qu’ils étaient affectueux
  • qu’ils leur ont appris l’altruisme
  • qu’ils leur ont fait confiance
  • qu’ils leur ont donné une éducation non autoritaire et non répressive« 

Quelle démonstration particulièrement incroyable et puissante du potentiel que TOUS LES ENFANTS portent en eux, de pouvoir développer de tels comportements « héroïques », si leur éducation pouvait se faire dans le respect de leur être, tout comme l’éducation reçue par les Justes, et non dans la violence !

 

Tous les enfants portent en eux ce potentiel de pouvoir développer de tels comportements « héroïques », si leur éducation pouvait se faire dans le respect de leur être

 

 

Conclusion : par quoi / par où commencer ?

Je vous partage un extrait de la conclusion d’Olivier Maurel :

 

« Il est temps de nous dessiller les yeux et de voir la source de la destructivité là où elle est, c’est-à-dire non pas dans les enfants, mais dans la méthode qu’on emploie le plus universellement depuis des millénaires pour les « corriger ».

On ne viendra pas à bout de la violence, on ne parviendra même pas à la réduire si on ne s’attaque pas d’abord à la violence éducative, qu’elle soit physique, morale ou verbale, active ou passive, si on ne suscite pas chez les parents le désir d’éduquer leurs enfants sans violence et si on ne leur en propose pas les moyens. »

 

Nous trouverons notre motivation à changer nos attitudes uniquement en allant puiser dans cette question fondamentale « Que voulons-nous vraiment pour nos enfants à long terme ? » ou encore cette question « Quel genre de société voulons-nous construire pour demain ? »

Bien sûr, ce n’est pas le chemin le plus facile mais c’est probablement le plus important que nous ayons à réaliser en tant que parent !

Quel serait alors le premier pas que nous pourrions faire pour nous libérer de cette « malédiction de la violence » qui se transmet de génération en génération ?

Dire STOP à la violence

et DÉCIDER de se tourner vers une nouvelle éducation basée sur l’empathie

Cette décision a véritablement le potentiel de CHANGER LE MONDE EN PROFONDEUR en une seule génération

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Gratitude à tous ceux qui se lanceront sur ce chemin de transformation familiale et pour le monde !

 

Tanya et Frédéric

 

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