Burn-Out : Je n’en peux plus, je suis à bout !!! (Partie 1)

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Souvent, je me suis demandé :

« Mais comment font les autres parents ? Quel est leur secret pour tenir le coup dans cette vie à 100 km à l’heure avec un ou même plusieurs enfants ? C’est tellement dur, je n’aime pas cette vie de maman… » (ce qui est totalement inavouable face à mon entourage !)

Récemment, je suis allée à un atelier de Caroline Terral, coach parentale, qui portait sur la fatigue physique et émotionnelle des parents. J’ai ensuite dévoré le livre de Violaine Guéritault sur le même sujet.

Enfin, j’ai pu mettre un nom sur un état latent que je ressentais depuis des années sans pouvoir le reconnaître à sa juste mesure : L’EPUISEMENT ou LE BURN-OUT PARENTAL !

Ces dernières années, je me sentais constamment lasse, fatiguée, stressée…

Le plus désagréable étant le sentiment d’être « prisonnière » de tant de responsabilités et de contraintes (ou même carrément d’être « pris en otage », selon les mots de mon mari !) sans en comprendre les véritables raisons.

C’est vrai qu’en moins de 10 ans, nous avions vécu 3 accouchements, 2 déménagements (avec expatriation) ainsi qu’une chute brutale de nos revenus pour cause de reconversion professionnelle…

Mais il y avait aussi et SURTOUT notre vie quotidienne, qui a été complètement chamboulée par la présence quasi permanente de nos trois enfants en bas âge, avec son lot de travail répétitif et peu passionnant (repas, vaisselle, rangement, linge, ménage…) ainsi que les nombreuses crises de nos enfants (colères, caprices, disputes) que nous ne savions pas encore bien gérer…

La famille nucléaire, une grande nouveauté à l’échelle de l’humanité

Pendant des centaines de milliers d’années, les femmes ont élevé leurs enfants au milieu d’une communauté de soeurs, tantes, grand-mères et grandes filles…

A l’échelle de l’humanité la FAMILLE NUCLÉAIRE – c’est-à-dire avec un ou deux parents seuls responsables de leurs enfants – est une nouveauté qui vient d’apparaître !

En France, le modèle a longtemps été celui de la famille paysanne, structurée autour d’un patriarche et s’élargissant par foyers.

L’enfant était élevé au sein d’un groupe élargi, et non pas par seulement un ou deux parents.

Selon Jared Diamond, biologiste évolutionniste à l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles), qui a étudié les sociétés traditionnelles de Nouvelle Guinée, la responsabilité des enfants est partagée par l’ensemble du groupe et pas seulement par ses parents. Ce qui n’arrive quasi jamais dans les sociétés modernes occidentales.

Dans ces sociétés traditionnelles, par exemple, les bébés sont quasiment tout le temps portés, que ce soit par un des parents, un autre adulte voire même un enfant plus âgé, alors qu’ils sont laissés seuls dans leur berceau aux Etats-Unis ou en France.

Dans les sociétés occidentales, les parents d’aujourd’hui se retrouvent face à un challenge IMMENSE : celui d’élever un ou plusieurs enfants tout seuls, tout en continuant de pourvoir à tous les autres besoins de la famille (logement, nourriture…).

Cette situation n’est PAS DU TOUT NATURELLE si l’on regarde l’histoire de l’humanité, ni pour les parents, ni pour les enfants.

Finalement il n’est pas étonnant et plutôt logique que les parents se sentent si épuisés au bout de quelques années de parentalité

Nos croyances issues de la société (et que nous entretenons)

Croyance n°1 : La maternité, c’est merveilleux !!!

« Dans les magazines et les publicités télévisées, les mamans sont superbes, en pleine forme et ont l’air de s’en sortir à merveille. Néanmoins, si l’on se donne la peine de regarder d’un peu plus près la réalité, on s’aperçoit que nombre d’entres elles ne ressemblent en rien à ces images médiatiques et vivent dans l’isolement, se sentant parfois comme prises au piège de leurs responsabilités » (Violaine Guéritault)

burnout_7Croyance n°2 : Le mythe de la mère parfaite

« Il y a une pression extérieure de la société qui attend des parents qui soient efficaces, qui produisent des enfants parfaits, donc des parents parfaits (ce qui n’existe évidemment pas !) » (Caroline Terral)

burnout_8Dès le départ, nous nous fixons donc un objectif impossible à atteindre !

Même si nous proclamons volontiers ne pas chercher à être une maman parfaite, il y a l’inconscient collectif qui exerce une influence énorme sur nous.

Sans même s’en rendre compte, nous nous mettons la pression pour être performante sur tous les plans : maison impeccable, enfants impeccables, qui réussissent bien à l’école… et au bout d’un moment, nous nous sentons terriblement en échec de ne pas y arriver et nous nous disons : « C’est moi qui suis nulle… Je ne suis vraiment pas à la hauteur » !

Croyance n°3 : Elle craque ? Elle est trop faible (ou dépressive) !

C’est une autre croyance qui fait beaucoup de dégâts !

Si les mères sont épuisées ou débordées, c’est forcément parce qu’elles sont complètement désorganisées. Et si elles sont à bout et s’effondrent, c’est parce qu’elles sont dépressives. Elles n’ont pas la résistance physique et psychologique nécessaire pour faire face aux exigences de leur travail.

Elles sont vues comme la source du problème : soit elles sont faibles, soit c’est un déséquilibre hormonal, soit encore c’est lié à un conflit d’enfance non résolu… On va alors les soigner avec des antidépresseurs et simplement attendre que le traitement agisse pour que la mère redevienne opérationnelle !

Il est nécessaire de remettre les choses en perspective.

Des études de plus en plus nombreuses démontrent que le burn-out est un problème qui trouve ses racines non pas dans l’individu mais dans son environnement social.

Quelques chiffres

Dans son livre « The Second Shift » (Le deuxième job), Arlie Hoschield cite quelques chiffres issus d’une étude américaine datant de 1983 :

  • Les mères au foyer passent en moyenne 50 heures par semaine à s’occuper des enfants et de leur maison
  • Les femmes qui travaillent hors de chez elles passent à peu près 35 heures par semaine pour accomplir ces mêmes activités
  • Les hommes s’occupent de la maison et des enfants entre 11 et 14 heures par semaine en moyenne
  • Si la mère exerce une activité professionnelle, ils font 10 min de plus par jour

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Dans une autre étude américaine plus récente (entre 2010 et 2013) réalisée auprès de 12.000 parents, être parent serait une plus grande source de stress pour les mères que pour les pères.

Pourtant, les hommes croient sincèrement partager les responsabilités familiales de façon égale. Selon Schwartz Cowan, dans une enquête américaine datant de 2000, les hommes s’auto-assignent les tâches telles que sortir les poubelles, tondre la pelouse, jouer avec les enfants ou bricoler. Par contre, ils mettent rarement la main à la pâte pour ce qui est des lessives, du ménage et de la cuisine. De la même manière, ce sont rarement les hommes qui nourrissent, habillent ou donnent le bain aux enfants.

Ce que ces chiffres m’inspirent ?

Je suis effarée par l’ampleur du travail « invisible » que doivent effectuer les parents au quotidien pour s’occuper de leurs enfants et de la maison !

Qu’ils travaillent à l’extérieur ou pas : entre 35 et 50 heures (un vrai travail à temps plein !) rien que pour les mères, pour un travail qui n’est ni rémunéré, ni reconnu par la société, ni valorisé par elles-mêmes.

Quant à la répartition des tâches entre hommes et femmes, je me questionne : Est-ce que ces chiffres sont encore d’actualité en 2016 ?

Personnellement, ces chiffres ne correspondent pas du tout à la répartition des tâches dans notre famille. Mon mari s’occupe davantage des enfants et du ménage actuellement, pour me permettre de travailler davantage. Mais je pense qu’on ne va pas tenir longtemps à ce rythme-là, car il est vraiment en train de saturer…

Et chez vous, comment cela se passe-t-il ?

Mais pourquoi suis-je stressée ?

« La maternité est un marathon physique qui se mesure bien plus en termes d’années que de kilomètres parcourus » (Violaine Guéritault)

Les mères au foyer ne comprennent pas pourquoi elles ne se sentent pas bien :

« Je n’ai pas vraiment de raison de me sentir stressée, je ne fais que m’occuper des enfants après tout, ce n’est pas comme si je travaillais ! »

Les plus chanceuses se disent même :

« Je n’ai pas de raison de me plaindre, j’ai tout pour être heureuse : un mari qui m’aime, des enfants en bonne santé, une belle maison et de quoi manger tous les jours ! »

C’est un peu comme si toutes les activités d’une maman ne pouvaient être qu’un moment de bonheur, surtout pas un travail, et de ce fait, ne pouvaient être considérées comme stressantes.

Du coup, bien peu de femmes sont prêtes à parler ouvertement des difficultés associées au fait d’être mères, de peur d’être incomprises ou mal jugées.

La vérité est que être mère est un véritable travail qui peut être dur et éprouvant, tant sur un plan physique que psychologique et émotionnel.

Bien sûr, être mère apporte des satisfactions et des joies incomparables, mais cela peut être aussi vécu comme un lourd fardeau avec son lot de fatigue et de stress.

Pour en prendre conscience, il suffit de lire quelques témoignages de mamans vraiment épuisées…

Témoignages de mamans « à bout »

Odile, mère au foyer de deux enfants de 7 et 3 ans :

« C’est vraiment incroyable l’énergie qu’il faut pour être une maman ! Debout à l’aube, mes journées ressemblent à des marathons qui ne me laissent pas un instant pour souffler. Entre les courses, le ménage, les lessives, les repas et les visites chez le docteur. Ajoutez à cela les « Non, je ne veux pas ! », les caprices, les cris, les disputes, les bêtises qu’il faut réparer, sans compter les trois paires de mains et d’yeux qu’il me faudrait avoir pour arriver à tout faire en même temps et que je n’ai pas… Le soir quand je me couche je suis absolument vannée ! Et le lendemain, ça recommence ! Cela fait sept ans que ça dure (…) J’ai l’impression d’être entièrement vidée de mon énergie. Je n’ai plus de patience, je crie facilement, je suis à bout, en un mot je n’en peux plus… Pourtant j’aime mes enfants et dans ces moments je me sens très frustrée de ne pas leur donner ce dont ils ont besoin. »

Dawn, 3 enfants :

« Je suis à bout. Je les aime plus que tout, mais c’est si dur parfois que j’ai envie de tout quitter, de disparaître un soir et de ne plus jamais revenir. Je sais que je ne le ferai jamais car je ne supporte pas l’idée d’être loin d’eux. C’est complètement contradictoire. Je ne peux pas imaginer la vie sans eux et pourtant, parfois, j’aimerais qu’ils ne soient jamais nés… Quand je crie sur mes enfants, c’est parce que je n’ai plus la force de faire autrement et quand je vois leurs regards tristes en retour, je me sens minable ! Comment est-il possible de penser des choses aussi horribles ? J’ai honte. »

Et dans cet épisode de l’émission « Mamans ! « , vous pouvez découvrir les témoignages de deux autres mamans Stéphanie et Béatrice !

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